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 Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria

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MessageSujet: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Dim 28 Juil - 10:19

« Tu vas quelque part ? », interrogeais-je ma chère cousine d’un air suspicieux. Mon regard parcourut sa silhouette de haut en bas et se crispa rapidement en un froncement de sourcil mécontent. Sa tenue était tellement… courte… Je ne m’étais jamais considéré comme une personne coincée, loin de là, et les robes moulantes et courtes ne me déplaisaient absolument pas lorsqu’une jolie demoiselle passait devant moi, j’étais un homme après tout, mais pas quand il s’agissait de ma cousine. Victoria et moi étions très proches lorsque nous étions jeunes et je me plaisais à jouer au protecteur avec elle. Aujourd’hui, nous nous sommes fort éloignés, mais je pense que ce côté « grand frère » n’avait malgré tout pas disparu et était revenu à la surface lorsque je l’avais enfin revue après tant d’années de silence. Enfin, je n’emploierais pas le mot silence, car on s’envoyait de temps en temps des messages pour prendre des nouvelles. D’abord d’une manière plutôt fréquente et enjouée, réellement intéressée de garder contact, et puis de plus en plus froide et polie. Je savais que j’en étais le principal responsable. Lorsque j’avais décidé de partir faire le tour du monde il y a quelques années, j’avais un peu couper contact avec tout le monde, bien trop occupé dans mon nouvel univers, occupé à mes nouvelles aventures, ne voyant pas le temps passé. Je n’en aimais pas moins mes proches, mais lorsqu’on se mettait à entreprendre ce genre de voyage, cela vous changeait complètement et votre notion du temps n’était absolument pas la même. Ainsi le nombre d’années ne m’avait paru que des jours et je ne m’étais pas rendu compte à quel point j’avais pu délaisser ceux que j’aimais. J’avais changé en revenant et repris des relations plus stables, mais la distance que j’avais installée involontairement avec certains ne s’était pas effacée. Entre Victoria et moi, un fossé s’était creusé, fossé que j’étais décidé à anéantir pour retrouver notre complicité d’antan, mais je savais que le chemin n’allait pas se dérouler sans embûches et qu’au fond d’elle, Victoria m’en voulait de l’avoir « abandonnée ». Je n’en revenais pas d’à quel point elle avait pu changer depuis la dernière fois que je l’avais vue. J’avais toujours su qu’elle abhorrait le mode de vie riche, prétentieux et superficiel qu’elle côtoyait, mais jamais je n’aurais pensé qu’elle pouvait dévier à ce point. Lorsque mon oncle et ma tante m’avaient fait savoir que leur petite fille parfaite était devenue un petit monstre, je leur avais directement proposé de m’en occuper, haïssant l’idée que ma cousine puisse emprunter une mauvaise voie. J’avais toujours été empathique et eu un trait de caractère assez protecteur envers les personnes que j’aimais, ne voulant pas les voir souffrir ni faire des mauvais choix, et ce encore plus lorsqu’il s’agissait de membres de ma famille. J’étais décidé à rattraper le temps perdu par la même occasion, convaincu que je pouvais encore « sauver » Victoria. Elle m’écoutait auparavant après tout, alors peut-être que notre amitié en plus de notre lien familial était ce dont elle avait besoin pour revenir à la réalité, mais j’étais loin de m’imaginer à quel point elle avait déconné, pensant que ses parents avaient probablement exagéré. De plus, la demoiselle ne semblait prendre en aucun cas mes conseils en considération, faisant la sourde oreille et me traitant comme un adulte chiant dès qu’elle me voyait. Je ne comptais pas abandonner malgré tout. Je n’étais pas le genre de gars à baisser les bras ou à accepter la défaite. S’il fallait que je devienne son pire ennemi pour qu’elle redevienne enfin la Victoria que j’adorais temps, s’il fallait que je prenne ce rôle de parent responsable que je détestais tant, je le ferais. Tout ce que je voulais, c’était l’aider. « Je voulais passer un peu discuter avec toi. Je pensais qu’on pourrait se faire une petite soirée films et popcorns comme on faisait quand on était petits… », lui lançais-je tout en montrant le sachet de popcorns que j’avais en mains ainsi que quelques films. L’idée m’était venue de retenter de raviver les souvenirs de notre enfance pour créer une nouvelle tentative d’approche entre nous deux et qu’elle puisse me refaire à nouveau confiance. J’espérais pouvoir la faire parler par la même occasion, comprendre ce qui lui était arrivé, pourquoi elle était devenue ce qu’elle était. Je savais qu’il était naturel chez les adolescents de se rebeller, mais cela ne lui ressemblait tellement pas. Et puis elle avait 19 ans à présent, un peu tard pour la crise d’adolescence, non ? Elle était supposée être à l’université maintenant, plus au lycée, ce qu’elle aurait été si elle n’avait pas redoublé. Comment avait-elle pu passer d’élève modèle à cancre ? Je ne comprenais vraiment pas. « Tu comptes vraiment sortir habillée comme ça ? » J’ignorais où elle comptait se rendre ni qui elle fréquentait depuis son arrivée à Kawana Waters. Quoi qu’il en soit, mon plan pour la soirée semblait être sur le point de tomber à l’eau et un pressentiment me disait qu’elle allait être tout sauf calme. Décidemment, je sentais que Victoria allait m’en faire voir de toutes les couleurs et que j’aurais dû réfléchir dans quoi je m’engageais avant de proposer quoi que ce soit à mon oncle et ma tante.
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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Jeu 8 Aoû - 12:00

Une sonnerie de portable résonnait dans l'appartement et malgré mon incessante recherche, l'objet introuvable semblait vouloir le rester. Un appel, un deuxième, peut-être même trois. Ne sachant qui était l'auteur de cette communication qui semblait importante, je m'attelais à rechercher mon téléphone que j'avais très certainement du déposer en vrac quelque part la veille. Je ne suis même plus sûre de savoir comment je suis rentrée, ni même ce que j'ai fais une fois chez moi, alors me souvenir de l'endroit précis où j'aurais pu poser mon portable semblait être totalement utopique. D'ailleurs, celui-ci n'avait étrangement pas sonné de la journée, ce qui avait eu pour effet d'accentuer la procrastination dont je fais peut-être un peu trop preuve.

Déjà cinq bonnes minutes que je le cherchais, en vain. La sonnerie semblait venir de ma chambre, c'est donc au pas de course que je me rendit vers cette pièce décorée par mes soins avec toute sortes de meubles sur-mesure, provenant des boutiques les plus chers du coin. Après tout, mes parents m'avaient envoyé ici de force, alors ils ne pouvaient refuser de m'octroyer un peu de plaisir dans cette ville qui me semblait toujours aussi fade au fil des jours. Heureusement, mon quartier résidentiel était classe, emplit de personnes toutes aussi riches les unes que les autres et ça, c'était le seul point positif. J'avais craint de devoir séjourner au milieu de cas-sociaux, de délurés en tous genre. Quoi que, avoir un peu moins de têtes coincées autour de ma résidence m'aurait aussi pas mal plu. Les gens sont riches, certes, mais c'est leur seul atout, puisqu'au fond, ils ne semblent pas être si différent des personnes que je côtoyais avant. Légèrement moins maniérés, habillé de manière plus sobre, mais l'air hautain présent sur leur visage est le même que celui de mes parents. Je crois même avoir descellé un brin de méfiance sur le faciès de quelques personnes, certainement étonnées de me voir débarquer ici. Moi, Victoria. La petite fille riche et dévergondée. Sûrement avaient-ils peur pour leur tranquillité, ou peur de voir leur quartier si chic devenir un lieu mal fréquenté. Qu'ils ne s'inquiètent pas, car de toute manière, je ne connais personne ici. Ou du moins, personne de semblable à mes anciennes fréquentations.

Troisième appel, ou peut-être quatrième ? Je ne savais plus et cette recherche commençait à m'exaspérer. Soudain, le bruit d'une autre sonnerie vint se mêler à la mélodie de mon téléphone. Légèrement étonnée, je me fixais pour en déduire la provenance, mais le bruit d'une porte qui s'ouvre vint me ramener à la réalité. Quelqu'un venait d'arriver chez moi. Peut-être un ami qui venait me chercher plus tôt que prévu, ou un voisin qui avait une nouvelle fois soi-disant oublié d'acheter quelque chose. En parlant de voisin, il y en a bien un qui est légèrement plus étrange que les autres. Du sel, de l'huile. Tous les prétextes sont bons pour venir troubler ma tranquillité. Je le soupçonne d'oublier volontairement d'acheter ces choses, dans le simple but de pouvoir venir me rendre visite. Il doit avoir pas loin de la trentaine, mais sait-il seulement que je n'ai que dix-neuf ans ? Sûrement pas. Après tout, on me dit souvent que je fais plus que mon âge.

Pas un ami, ni même ce fameux voisin. Non. En passant ma tête dans l'encablure de la porte de ma chambre que j'avais présentement laissée ouverte, je pu apercevoir Léo, les bras remplient de ce qui semblait être des DVD, ainsi que des friandises dont le paquet semblait indiquer des pop-corn. S'avançant de quelques pas dans l'appartement, celui-ci me demanda si j'allais quelque part. Je haussais les yeux au ciel, comme pour lui démontrer que sa question était idiote. Un maquillage soigné, une tenue de soirée. Je ne me serais pas donné tant de mal si c'était pour rester chez moi à regarder la télé. Soudain, mon regard se fixa sur ma table de chevet et je fit totalement abstraction de mon cousin. Mon portable, enfin, il était là. Je me dirigeais vers celui-ci et en déverrouillant l'écran je pu voir quatre appels en absence et une icône en forme de lettre qui m'annonçait que j'avais un message. « Soirée annulée. On se voit demain. Bisous ma belle. » Soupirant plus fort que je ne l'aurait du, je me laissait tomber sur mon lit. Quelques secondes tout au plus, avant que je me souvienne que Léo était dans l'appartement.


« Tu pourrais au moins prévenir avant de passer. » Dis-je d'un ton froid. Contrariée, je l'étais. Était-ce parce que la soirée à laquelle je devais me rendre était annulée, ou parce que mon cousin était là ? Aucune idée. Peut-être les deux. En tout cas, cette visite ne me faisait pas plaisir et l'air compatissant présent sur son visage ne me donnait qu'une seule envie : vomir. Ce faciès qu'il affichait en ma présence, comme si j'étais une cause perdue avait le don de me rendre folle. Je me rendait à présent vers mon canapé, n'écoutant que d'une oreille ce qu'il disait. Soirée film et quand on était petit furent les seuls mots que je réussis à comprendre, mais nul besoin de détailler la phrase entière pour savoir que celui-ci venait une nouvelle fois montrer à quel point il était gentil. Néanmoins, il ne pu s'empêcher de faire une remarque sur ma tenue, comme quasiment à chaque fois que l'ont se croise d'ailleurs. Une nouvelle fois, je soupirais. Empoignant la télécommande, j'allumais la télé et zappait machinalement sans trop savoir ce que j'aimerais regarder. « Restes pas planté là ! Je te fais peur ou quoi ? Maintenant que tu es là hein, je peux bien t'accorder quelques minutes. » Quelques minutes ? Peut-être même la soirée. A présent que mon plan était tombé à l'eau, il fallait bien que je trouve une occupation pour la fin de journée, mais ça, je ne le lui dirais pas. Cela lui ferait certainement trop plaisir de savoir que je me suis faite plantée au dernier moment. Il pourrait se positionner en héros, me démontrer à qu'elle point sa présence est importante et me sortir tout un tas de discours tous aussi rébarbatif les uns que les autres. « T'as apporté quoi ? » Dis-je en désignant la pile de DVD qui semblait empilé de façon hasardeuse sous l'un de ses bras.
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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Lun 12 Aoû - 5:08

Je m’imaginais déjà devoir entreprendre un combat sans fin dans le but de convaincre ma chère cousine de rester ici ce soir histoire de rattraper le temps perdu, mais la bataille se révéla gagnée sans aucun effort et en moins d’une minute. J’haussai un sourcil surpris en l’observant « se résigner », ne doutant pas une seule seconde que c’était loin d’être un acte de bonne volonté de sa part. Bien sûr, je ne m’étais pas attendu à un accueil chaleureux ni à ce qu’elle me saute dans les bras, mais constater à quel point on s’était éloigné et sa froideur envers moi me faisait mal au cœur. Comment pouvait-on être si proches un jour et en arriver là ? On s’était éloignés, certes, mais j’aurais espéré qu’elle me considère comme son égal, comme autrefois, et non pas comme un parent chiant qui était là pour lui pourrir la vie. Je désirais juste l’aider et oui, je faisais des remarques, mais tout simplement parce que je m’inquiétais pour elle et ne voulait pas qu’elle dérive complètement. J’ignorais à quoi était due sa rébellion, si le copain en question avait été l’unique déclencheur ou s’il avait juste aidé, mais j’espérais sincèrement qu’elle pouvait encore être sauvée. Si au moins elle daignait en parler, cela aiderait, mais je n’avais pas eu le droit à de longues tirades jusqu’ici. « Cinq minutes ? Quel honneur ! » Je soupirai en entendant le ton qu’elle prenait avec moi et m’avançai nonchalamment vers le micro-ondes pour faire chauffer les popcorns. Je ne savais pas qui elle croyait berner, mais il était clair que ses plans étaient tombés à l’eau et qu’elle n’avait plus rien à faire de la soirée, autrement elle ne se serait pas étalée sur le fauteuil et m’aurait encore moins proposé de la rejoindre.

En attendant que la minute trente passe pour réchauffer les popcorns, je lui posai la pile de DVDs devant elle pour lui montrer tout ce que j’avais apporté. Ne la connaissait absolument plus, je m’étais retrouvé complètement perdu devant mon étagère de films à la maison, ne sachant pas ce qui lui plairait à présent. Autrefois, on adorait regarder des films de mecs, d’action, d’horreur ou d’aventure ensemble. Avait-elle les mêmes goûts ? J’espérais qu’elle n’avait pas viré princesses ou romantisme à deux balles, car je n’avais rien dans mon rayon qui correspondait à ces goûts-là. Résultat : je m’étais ramené avec une dizaine de DVDs histoire d’être sûr qu’au moins un lui plairait, en espérant qu’elle ne jouerait pas au rôle de la gamine capricieuse. Ma collection des Indiana Jones, X men 1, 2 et 3, Le cercle, Pearl Harbour, Benjamin Gates, Grease, Paranormal Activity et Démineurs se tenaient devant elle. Je les imaginais crier l’un après l’autre leurs arguments afin qu’on les choisisse, sautillant et se battant avant de me secouer la tête, posant mon regard vers ma cousine : « Voilà ma chère. J’espère qu’au moins un te plaira. Tu aimais les mêmes trucs que moi quand on était jeunes… ». J’attardai un regard insistant sur elle, la dévisageant, me demandant quand elle avait pu grandir à ce point et devenir aussi belle. Elle avait tout à son avantage, c’était certain, et devait en faire jalouser pas mal. Si seulement elle pouvait comprendre que jouer à la mauvaise fille n’allait pas l’aider et qu’elle pouvait accomplir de grandes choses. J’avais toujours imaginé qu’elle était destinée à un bel avenir, mais des obstacles de la taille d’un mur s’étaient plantés devant elle, ou plutôt elle-même les avait construits. Le « bip » du micro-ondes retentit dans l’appartement et je filai chercher nos fameuses friandises qu’on adorait tant. Encore mieux que le cinéma ! On pouvait parfois enchaîner des nuits blanches à se faire des trilogies complètement. Si seulement nous pouvions retourner à ce moment de notre vie. Combien de carries avais-je failli attraper à cause de ces soirées films ? Heureusement, j’avais toujours eu un bol de malade et n’en avais eu aucune. Je versai les popcorns dans un grand récipient, que je cherchai non sans peine puisque la demoiselle ne comptait apparemment pas m’aider, et les ramenai vers elle. « Tu comptes faire cette tête à chaque fois que tu me vois ? Tu sais, je ne suis pas le méchant dans l’histoire, je veux juste aider. » Je m’affalai dans le fauteuil avant de poursuivre : « À moins que tu préfères continuer à vivre avec tes parents sur le dos. Dans ce cas il te suffit de me le dire et je te renvoie là-bas sans problèmes. Avoue que ce serait dommage, c’est cool ici ! » Mes amis me connaissaient : j’étais du genre franc et direct, affrontant les problèmes dès le début, et je ne comptais pas y aller par quatre chemins avec la brunette. Je connaissais très bien mon oncle et ma tante et me doutait qu’ils avaient dû préférer la voie de l’ignorance et du silence plutôt que de s’occuper d’elle. Je ne comptais pas refaire les mêmes erreurs. Victoria et moi avions tous les deux des caractères forts et énergiques et demeurer passifs n’avaient jamais régler nos solutions.

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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Mar 13 Aoû - 10:04

Le regard fixé sur l'écran de télévision plasma qui trônait fièrement dans mon salon, j'esquissais tout de même un bref coup d'oeil vers James. Celui-ci s'affairait à réchauffer le pop-corn qu'il avait lui-même emmené et j'avais beau scruté avec détail son faciès, je n'aurais su réellement dire dans quel état d'esprit il était présentement. Était-ce une corvée pour lui de venir ici ? Le faisait-il simplement parce qu'il y était obligé, ou était-il réellement sincère dans sa démarche, désireux de retrouver une relation plus ou moins agréable. Difficile a dire. Je détournais une nouvelle fois mes pupilles vers mon écran, faisant mine d'être intéressé par les programmes pour que mon cousin ne remarque pas l'insistance avec laquelle je le fixais.

Le sonnerie du micro-onde se manifesta et c'est les bras chargés de ses DVD que Léo s'avança vers moi. Il les déposa sur la table basse tout en me disant qu'il espérait que l'un d'entre eux me plairait. Rajoutant une petite phrase à double sens, ou du moins, ce que je prie pour une phrase à double sens, il déclara que lorsqu'on était petit, nous aimions les mêmes films. Voulait-il, par ce stratagème qu'était un simple choix de film, me tester ? Découvrir à quel point j'avais changé ? Peut-être. Quoi que l'hypothèse était un peu tirée par les cheveux.
« Le cercle ? Ca te dis ? » Léo me dévisageait et cela commençait à me mettre légèrement mal à l'aise. Après tout, peut-être qu'il était réellement là pour juger de l'ampleur des dégâts.

Je sortais le DVD de sa boite et allait le placer dans le lecteur approprier avant de mettre en marche les enceintes de mon home-cinéma. J'avais fait des pieds et des mains pour obtenir un tel attirail, pensant que j'allais fortement m'ennuyer dans cette ville et que je passerais mon temps devant les programmes de télé-réalité. D'un côté, ce n'était pas faux. Il n'y avait pas grand-chose à faire ici, ou peut-être que si, mais je n'avais pas réellement d'amie proche avec qui m'amuser dans les rues de Kawana Waters. Ainsi, je ne regrettais pas d'avoir obtenu tous ces appareils, même s'il fallait bien l'avouer, je ne m'en servais que très occasionnellement. Je mis d'ailleurs plus d'une dizaine de secondes à trouver le bouton adéquate pour allumer le home-cinéma, ce qui me faisait prendre conscience qu'au fond, toutes ces choses ne m'étais sûrement pas vitale.

Alors que je me relevais pour reprendre ma place initiale, qui n'étais autre que mon canapé, la voix de Léo résonna dans l'appartement. Celui-ci me demandait si je comptais faire cette tête à chaque fois que je le voyais. Il rajouta même qu'il n'était pas le méchant dans l'histoire, qu'il voulait juste m'aider. M'aider. Je me répétais ce verbe dans ma tête et haussais un sourcil. Une nouvelle fois, mon cousin arborait sa tenue de super-héros, me narrant à quel point il était utile, à quel point j'avais besoin de lui. Je m'installais à ses côtés, quoi que plus loin que précédemment, mais ne cillait pas. Je sentais que son discours n'était pas fini et qu'il ne pourrait pas s'empêcher de rajouter quelque chose, alors, je décidais de patienter un peu avant de lui répondre. A quoi bon s'énerver, à quoi bon même lui répondre. Celui-ci avait toujours raison. Du moins, dans son esprit. Très vite je me rendis compte que finalement, ce garçon ne m'était pas si inconnu que cela. J'avais beau ne l'avoir vu que très brièvement ces dernières années, je le connaissais toujours un minimum, car comme je l'avais pensé, il continua à parler, me demandant si peut-être, je préférais continuer à vivre avec mes parents sur le dos et que si c'était le cas, il suffisait de le lui dire et il me renverrait là-bas sans problème. Quelle vanité !
« Tu crois que t'as le pouvoir de vie ou de mort sur moi ou quoi ? Qui te dis que j'aime cette ville et que j'ai envie d'y rester, hein ? » Le semblant d'humour, qui n'en était peut-être pas un, qu'il avait utilisé à la fin de sa phrase n'avait visiblement pas marché, puisque je réagissais mal. Comme d'habitude. Pourquoi ? Je ne le savais pas. Sûrement par habitude, mais il fallait dire que celui-ci trouvait toujours le moyen de me mettre en rogne. Quel besoin avait-il de me dire ça, là, maintenant, alors que j'avais fait mon possible pour paraître accueillante. J'aurais pu le laisser seul, comme un idiot sur le bas de la porte avec ses bras chargés et m'en aller comme une fleur. Ou j'aurais pu tout bonnement le virer, lui dire que sa stupide soirée ne m'intéressait pas. Pourtant, non, je ne l'avais pas fait. Je lui octroyais un peu de temps et qu'est-ce qu'il trouvait à faire ? Me faire des reproches. Comme d'habitude. Au fond, il n'était pas si différent de mes parents. Lui disait tout haut ce qu'eux pensaient tout bas. Et ce n'était à vrai dire, pas beaucoup mieux. « Je ne t'ai rien demandé, James, alors arrête un peu de prendre tes grands airs là. Si tu en as déjà marre de moi et bien il te suffit d'arrêter. Pas besoin d'appeler mes parents. De toute façon, tu veux qu'il fasse quoi, hein ? Ils en ont rien à foutre de moi, comme toi d'ailleurs. » Je ne savais réellement pourquoi j'avais dit ça, ni même d'où cela m'étais venu. Me souciais-je vraiment de la vision qu'avait mon cousin de ma personne ? Non, impossible. Je me fichais de lui, comme je me fichais du reste de ma pseudo famille. « Si tu fais tout ça, c'est pour te donner bonne conscience. La bonne action de la journée. Allons sauver la pauvre petite Victoria, ça ne prendra pas plus de cinq minutes. Un film et trois pop-corn et le tour est joué, je redeviens le cousin que tout le monde aime et adule. » Il me rendait folle et j'avais envie de crier sur lui, alors qu'au fond, l'indifférence aurait été un tout aussi bon moyen de lui faire comprendre à quel point je me fichais de son discours. « Mais ne t'en fais pas James, tu es parfait. Loin de moi l'idée de vouloir ternir ta si belle réputation. Tu ferais mieux d'aller entretenir ton image, je ne te retiens pas. » Dis-je en lui désignant la porte de l'appartement. Finalement, mon idée première n'était peut-être pas si idiote que ça. Il était certainement venu ici simplement pour se faire bien voir auprès de la famille, ou pour avoir quelque chose à raconter à ses amis le lendemain. Regardez-moi, je suis un sauveur, aimez-moi. C'était pitoyable.
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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Sam 17 Aoû - 8:02

« Va pour le cercle ! », lâchais-je en cachant mon soulagement. J’étais bien content qu’au moins un des films lui plaise, car j’avais craint de m’être trompé sur toute la ligne. Jamais je ne m’étais senti aussi bizarre avec elle, comme si je n’étais pas à ma place. Sans doute était-ce dû à l’impression de ne pas être le bienvenu, mais je n’aimais vraiment pas ce sentiment. C’était comme si elle et moi étions devenus deux complets étrangers obligés à se côtoyer alors qu’ils ne pouvaient pas se flairer. Je ne reconnaissais plus ma cousine. Ses regards froids et sa manière distante de s’adresser à moi ne lui ressemblaient absolument pas. Où était passée la personne chaleureuse et délirante que j’adorais tant ? L’enfance l’avait-elle gardée ? Etait-ce possible de changer à ce point en grandissant ou n’était-ce, comme je l’espérais de tout mon cœur, qu’une passade de rébellion ? Je ne me souvenais pas avoir vécu de crise d’adolescence personnellement, mais sans doute les gens diraient-ils que la mienne s’était représentée sous ma fuite de l’Australie pour faire le tour du monde, disparaissant du jour au lendemain sans presque prévenir qui que ce soit. Or, pour moi, ce n’était pas l’avis que j’en avais. J’avais juste eu besoin de m’évader, de prendre du temps à part, de découvrir ce monde que j’avais toujours rêvé de parcourir, de réveiller l’aventurier qui dormait en moi. Comment aurais-je pu commencé ma vie ici sans même réellement savoir ce que cela signifiait ? Cette évasion, j’en avais eu besoin sur le moment même et elle m’avait permise de devenir plus ou moins stable à présent. Ne l’aurais-je pas faite, aurais-été heureux et épanoui ?

Je tentai de me faire une place confortable dans son fauteuil, gardant des distances avec la brunette de peur qu’elle ne se mette à me mordre si je l’approchais trop. Excusez-moi la comparaison, mais j’avais l’impression d’être face à un petit animal sauvage perdu qui était impossible à dompter. Tant mieux, j’aimais son côté d’indépendance, et cela avait toujours été le cas, mais aujourd’hui il compliquait encore plus la situation. Comme aider une personne qui ne se laissait pas faire ? C’était comme essayé de faire parler un muet. Difficilement, je décidai de tenter une approche maladroite. Ma sincérité n’était peut-être pas la mieux placée, et sans doute aurais-je dû faire plus attention dans mon choix de mots, car la demoiselle sembla tout prendre de travers et sortit les crocs. Je reçu les mots en déglutissant avec peine, tentant de les encaisser sans les laisser me toucher, mais ce qu’elle me disait me faisait de la peine. Comment pouvait-elle avoir si peu confiance en moi ? Pourquoi s’obstinait-elle à me donner le mauvais rôle et à me considérer comme un vilain adulte prêt à lui taper sur les doigts, alors que je désirais juste redevenir le cousin avec qui elle s’entendait si bien ? Le fait qu’elle l’accuse de juste agir par acquis de conscience, pour se donner des allures de héros et de craindre qu’elle n’entache ma réputation me répugnait. Elle me transformait en parfait égoïste qui avait pour seul désir de passer pour le parfait petit garçon de la famille, or c’était tout le contraire. Je n’en avais jamais rien eu à foutre de ce que les gens pouvaient penser de moi et l’avis de ma famille m’importait peu. Autrement, je les aurais écouté depuis le début et suivit leurs itinéraires. Je voulais juste l’aider parce qu’elle me manquait et, oui, me faisait de la peine. J’étais convaincu qu’elle pouvait redevenir la personne merveilleuse qu’elle avait été et qu’elle s’était simplement forgé une façade pour se venger du mode de vie que lui avaient imposé ses parents. « Tu crois que je fais ça pour moi ? » Je me mis à rire jaune avant de poursuivre. « Au cas où tu n’es pas au courant Vic, tout le monde n’est pas devenu complètement égoïste ou égocentrique comme toi. Certaines personnes veulent vraiment aider ceux à qui ils tiennent parce qu’ils s’inquiètent pour eux et n’aime pas le chemin qu’ils empruntent. Je ne sais pas ce qui t’es arrivé, mais une chose est sûre : la brune devant moi n’est pas la Vic que je connaissais. Alors si tu crois que je me la joue juste au super héros pour paraître bien, tu te trompes sur toute la ligne sur qui je suis. Ce qui est dommage, vu qu’avant on se connaissait presque par cœur. » Je fis semblant de m’intéresser au film pour tenter de me calmer un peu et laisser un instant de répit entre nous. Ce désir de vouloir aider tous mes proches, je savais d’où il venait, et cela me tuait qu’elle ait une aussi mauvaise image de moi. C’était ma manière à moi de me rattraper pour mon passé. Je n’étais pas parvenu à sauver mon grand frère de sa maladie et j’avais détesté ce sentiment impuissant. Déjà à huit ans j’aurais voulu pouvoir changé le monde, mais j’en avais été incapable. À présent, je faisais de mon mieux pour que cela ne se reproduise plus, quitte à m’inquiéter plus pour mes amis que pour moi-même.
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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Mer 21 Aoû - 10:01

Comme je m'y attendais, James ne se contenta pas de se lever pour prendre la porte afin de mettre fin à cette soirée qui était loin de bien commencer. Non, il ne fit rien de cela, trouvant bien sûr plus approprié de se justifier, de contredire mes mots, mes phrases. Une fois encore, j'étais certaine qu'il allait me démontrer par A + B combien ma présence ici était un fardeau pour lui et à quel point il se donnait du mal pour tenter de me remettre sur le droit chemin. Mais quel chemin ? Celui de la haute bourgeoisie dont mes parents font partie ? Celui ou jamais, au grand jamais on ne doit se montrer devant quiconque si l'on n'est pas habillé et maquiller à la perfection ? Celui ou bonnes manières et langage soutenue est obligatoire ? Ce chemin ou la vie est dictée par des dizaines de commandements idiots et ou vivre relève plutôt de la survie. Sûrement n'avait-il jamais connu cela, lui. Sûrement cette façon de vivre lui était-elle inconnue, car s'il avait subi ne serait-ce que le quart de ce que j'avais dû faire avant de venir ici, jamais il ne m'aurait souhaité d'y retourner. Après tout, c'était peut-être pour cela qu'il était partit faire son pseudo tour du monde, pour quitter tout cela. Quoi que ses parents à lui n'étaient pas aussi fanatiques de la bourgeoisie que les miens. Non, à côtés de mes géniteurs, ses parents étaient normaux. Sûrement était-ce pour cela que j'aimais passer du temps chez eux et sûrement était-ce aussi la raison pour laquelle j'aimais tant mon cousin, car il était si différent de moi et de mon entourage. Il me forçait à me surpasser et à en quelque sorte briser les chaînes que mes parents ne lâchaient jamais. Il ne s'en rendait peut-être pas compte, car lui ne vivait pas de la même façon que moi, mais inconsciemment il m'a aidé à m'en sortir. A me sortir de cet univers si cartésien dans lequel jamais plus je ne voudrais mettre les pieds.

Léo riait jaune. Apparemment, mes dires l'amusaient, ou plutôt le révulsait. Ainsi, je détournais la tête et posait mon regard devenu noir sur lui. Pour qui se prenait-il à réagir de la sorte ? Me prenait-il pour une idiote ? Je n'appréciais que moyennement que l'on face preuve de sarcasme avec moi, préférant de loin une bonne réplique cinglante plutôt qu'un humour mauvais qui cachait bien souvent la vérité. Je préférais ce genre d'approche, certes, mais il y avait tout de même une limite à ne pas franchir. James venait de me traiter d'égoïste, d'égocentrique et insinua par la suite que je n'étais plus vraiment sa cousine.
« Qu'est-ce que tu en sais ? » Dis-je, alors que James faisait semblant de s'intéresser au film, mais je voyais bien que son regard était vide, fixé comme sur un point invisible, sur quelque chose que seul lui était en mesure de distinguer. « Hein, tu peux me dire d'où tu tiens cela ? Sûrement pas de ta propre personne, ça c'est clair. » Je ne le lâchais pas des yeux et je réprimais l'envie de lui prendre la tête de mes mains pour le forcer à me regarder. « Tu ne me connais pas, alors ne dis pas que je suis égoïste. D'ailleurs, je ne sais pas qui est le plus égoïste de nous deux. La fille dévergondé qui a lâché ses parents, ou le fils prodigue qui s'en est allé faire un tour du monde sans se soucier de quiconque ? Choix difficile. » Un côté de ma bouche se releva en un rictus mauvais. « A ton avis, qui est le pire de nous deux ? » L'intonation de ma voix aurait pu passer comme étant humoristique, mais l'air de mon visage ne pouvait que prouver le contraire. Cette nonchalance avec laquelle il semblait sans cesse se pavaner m'insupportait et je ne pouvais me résigner à le laisser parler de ma personne de la sorte. Pauvre type, pensais-je. « C'est une question, James. » Sûrement se demandait-il si j'étais sérieuse ou non et grâce à ce rappel à l'ordre, peut-être ne douterait-il plus. « Alors répond. Qui de nous deux a fait les plus mauvais choix ? Réfléchis bien, mais personnellement, je voterais plutôt pour celui qui a fait du mal à tout le monde, celui qui s'en est allé sans se retourner, sans se soucier une seule seconde des autres. » J'inspirais profondément, puis expirait calmement. A la base, je n'avais aucune envie de me prendre la tête avec lui, mais qui sème le vent, récolte la tempête. « Tu ne me connais pas, James. Tu aurais pu chercher à me connaître. A me connaître vraiment, mais tu ne l'as pas fait. Tu t'es contenté d'aller demander deux ou trois infos sur moi à mes parents et op, le tour est joué. Alors ne me juge pas. » Je me levais du canapé sans même un regard pour celui qui était soi-disant mon cousin. Celui avec qui j'étais liée par le sang, mais en aucun cas par le coeur. Depuis combien d'années ne nous étions nous pas vu lui et moi avant mon arrivée à Kawana Waters ? Je ne saurais le dire. En tout cas, mes souvenirs les plus proches avec lui remontait au temps ou mon âge ne comportait encore qu'un seul chiffre. Je me rendais jusqu'à ma chambre afin de récupérer mon téléphone portable que j'avais préalablement laissé là, espérant que quelqu'un m'est envoyé un message, que quelqu'un puisse me sortir de cet enfer, mais à peine avais-je déverrouillé l'écran que je soupirais une nouvelle fois. Pas un appel, ni même un message. Visiblement, le sort était contre moi et je devrais me libérer par mes propres moyens.
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MessageSujet: Re: Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria   Sam 31 Aoû - 8:17

Ma prétendue fascination pour le film n’avait pas durée très longtemps et très vite la bande sonore ne devint plus qu’un arrière son sans intérêt que nous avions presque oublié. Le début avait à peine commencé que déjà nous en étions aux réglages de comptes et la tension était palpable. Sans doute était-ce dans le sang des James de foncer directement à la confrontation plutôt que d’accumuler les non-dits, laissant monter la rancœur au fil du temps. La franchise n’était pas toujours la meilleure solution et avait l’art de pouvoir blesser même le plus puissant des mortels, mais elle était une étape incontournable si l’on avait le désir de trouver une solution à un problème. Jamais je n’avais imaginé que ma cousine pouvait autant m’en vouloir d’être parti et d’avoir perdu le contact avec elle. J’en avais été attristé aussi, mais c’était ce qui arrivait bien souvent quand les gens grandissaient et je m’étais toujours dit qu’en se retrouvant nous serions toujours aussi complices comme au premier jour. Je m’étais trompé sur toute la ligne. Jamais je n’avais considéré mon grand tour du monde du point de vue d’un autre. Avait-ce donc été si égoïste ? Je n’avais jamais imaginé que cela avait pu l’être. Pour moi cela avait été une escapade, un moyen de grandir, un rêve que je réalisais. Penser que cela aurait pu déranger mes proches ne m’avait jamais traversé la tête et d’ailleurs personne jusqu’ici ne m’en avait fait le reproche. Vic était la première. Mon but pourtant n’avait pas été de blesser ceux que j’aimais ou de couper tout contact avec eux. Au tout début de ce périple d’ailleurs, j’avais la réelle conviction que j’allais parler tous les jours avec mes amis et ma famille, mais au fil des mois les appels se firent plus rares, tout simplement parce qu’il m’était arrivé tellement de choses et tellement vite que je finissais pas oublier de prendre des nouvelles. Vic en avait été blessée plus que personne d’autre apparemment, et je me sentais soudain tellement coupable. Si j’avais été présent pour elle, si on n’avait pas perdu notre complicité légendaire, si on avait continué à se parler presque tous les jours, serait-elle devenue la rebelle qu’elle était à présent ? Je ne me prenais pas pour un remède miracle, loin de là, mais peut-être cela aurait-il pu tout changer. Je n’en savais rien. Je détestais ce sentiment de culpabilité monter en moi. Elle était parvenue à toucher une corde sensible et le savait sûrement très bien : j’avais toujours haï blesser mes proches et avait en temps général passer leurs intérêts avant les miens. Sauf cette fois. « Comment aurais-je pu deviner que tu m’en voulais à ce point d’être parti ? Tu ne m’en as jamais soufflé un mot. Je ne suis pas devin Vic. Je pensais qu’on pouvait tout se dire autrefois. » Si je pouvais remonter le temps, j’aurais réparé cette erreur à tout prix et fait en sorte de ne pas perdre ma cousine préférée, mais le mal était fait et j’ignorais s’il pouvait être réparé. Comment pouvait-on redonner sa confiance en quelqu’un quand cette personne nous avait déjà blessé un jour ? « Mais se faire du mal à soi-même n’est pas mieux non plus. Je ne sais pas si tu te crois intelligente à agir de la sorte, si ce n’est qu’une passe ou si tu comptes vraiment foutre ta vie en l’air, mais si tu crois que je vais te laisser faire les bras croisés, c’est mal me connaître. » Je poussai un profond soupir avant de tenter de calmer la situation : « Ecoute, je suis désolé si je t’ai fais du mal en faisant ce tour du monde. Je n’ai pas réalisé que je pouvais blesser des personnes en partant comme ça et je n’avais pas non plus l’intention de perdre le contact avec toi pendant cette période. Mais ce n’était pas contre toi et ça ne voulait pas dire que tu ne comptais plus à mes yeux. » Elle allait probablement m’envoyer bouler, la défensive étant apparemment devenue sa méthode préférée, mais tant pis, au moins c’était dit. « Tu crois vraiment que je me suis contenté de demander deux trois infos à tes parents et que je me suis porté volontaire parce que je me croyais plus fort que tout le monde et que je te connaissais mieux que quiconque. Non Vic. J’ai décidé de faire ça pour t’aider et parce que, même si tu ne sembles plus le penser, je tiens à toi et je ne veux pas que tu déconnes complètement. Et si je t’ai fait venir ici, loin de chez tes parents, c’est parce que je me suis dit que changer d’air pourrait aussi te faire du bien. Enfin j’en sais rien, je me suis peut-être trompé sur toute la ligne. Tu n’as pas l’air très heureuse de me retrouver de toute manière. » J’étais partagé entre l’envie de partir sous ces mots, et celle de rester due à mon obstination légendaire de ne pas laisser tomber. Si je quittais cet appartement maintenant, il nous serait probablement encore plus dur de reparler la prochaine fois. Non, je ne comptais pas abandonner, peu importe ce que pouvait m’envoyer à la gueule ma chère cousine.

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Tu es sûre que c'est une robe et pas un T-shirt ? FT Victoria

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